1

Sacha emmène Tamata pour un long voyage – épilogue

Les choses sont souvent ainsi. Lorsque nous sommes sur la route à des milliers de kms de « chez nous » – alors que la demeure de notre âme est le monde, « être prudent » a une toute autre signification que la normale. On ne cherche jamais l’affrontement ni l’imprudence ni le laisser aller ou autre chose qui aboutirait à un incident.Connaissant un peu l’aventure réelle, seul, longue et loin, les conditions ne sont pas du tout les mêmes et bien sûr, on peut conseiller Vincent, mais je sais qu’une certaine prise de risque fait partie du voyage : l’accident de Tamata fait partie de son voyage, il n’est pas un phénomène qui lui barre la route, qui l’arrête ou qui le pénalise. Il entre dans sa route, il EST sa route. (Daniel Winter).

 

Dan écrit : « Vincent est venu à la concess en « coup de vent » chercher ses pièces ! Il va très bien et m’a même aidé à sortir un « t » de sa caisse…Bon, il a tout de même la clavicule qui tient par un fil d’acier mais voilà, c’est Tamata… Il remonte vers l’est en fin de semaine, Il a le bon vent et se casse récupérer son side le 23 Juillet. »

L‘image ci-contre est une radio de contrôle post opératoire, mon ‘opération a eu lieu tout début mai quand je suis rentré seul et par mes propres moyens du Kazakhstan. J’ai été opéré à l’hôpital militaire de Metz, c’est celui qui est recommandé pour ce type d’intervention. C’est là aussi que ce matos me serra retirés dans 2 mois, et tant qu’il sera en place, j’aurai toujours des douleurs pour tous les mouvements au-dessus de l’épaule, comme retirer son casque.
Je vais y aller doucement, en ne quittant plus la route dans un premier temps. Je dois me rendre à Tachkent en d’Ouzbékistan pour récupérer mon carnet de douane (sinon je perds les 10 000 € de caution que j’ai laissés !!). C’est un périple d’environ 1 000 km a travers le désert du Kyzylkoum, qui signifie littéralement « sable rouge », 16e plus grand désert au monde.
Je décolle de Paris le 23 aout pour Aktobé via Moscou, puis 10 heures de train pour Aralsk.

Solidarité : Je souhaitais remercier les membres de ce forum (Est-Motorcycles – NDLR) pour leurs soutiens., mais cela reste un exercice difficile. Difficile parce que vous êtes nombreux à m’avoir témoigné une marque d’encouragement, ou plus encore, un soutien moral ou matériel. Alors merci à tous et en particulier à Valérie et Dan, toujours présent quand on les sollicite, Karma (Christian) et son amie Janar qui m’ont beaucoup aidé au Kazachstan, François Balanger, qui m’a donné un clignotant pour réparer Sacha, Claudette et Guy, qui m’ont accueilli chez eu et m’ont permis de rencontrer Hubert, Hubert et Loraine qui sont à l’origine de cette aventure, et aussi à vous tous qui lisez ce post. Merci

atamata 26atamata 27

3 Août 2014

J‘écris de Tachkent en Ouzbékistan, donc les choses ne se sont pas trop mal passées. Pas trop mal parce que tout de même, beaucoup de mon matériel a disparu. Je ne fais pas la liste complète, mais en gros, un pneu, une chambre à air renforcée, une grande partie de mon outillage, mes gants, etc.
Malgré leurs dénégations, une partie de ces disparitions ne peuvent avoir été commises que par la famille qui gardiennait Sacha, puisqu’une grande partie des affaires manquantes étaient soigneusement emballées dans des sacs étanches. D’ailleurs, tous les sacs ont été minutieusement fouillés.
Autre chose, ils ont utilisé le side-car, et même bricolé dessus ! Une bougie neuve, bien brillante, était en place et sur la seconde bougie, ils ont cassé le filetage que j’avais fait réparer à Istanbul. Les carburateurs sont déréglés et le moteur pétarade horriblement, expulsant les gaz dans l’échappement et dans le filtre à air.
Quant à l’indemnisation, nous avons négocié près d’une heure pour passer de près de 1 000 € à 250 €. Mais tout cela est déjà oublié, la route est devant moi. Sauf que le passage à la frontière Kazakh Ouzbek n’a pas été simple non plus. Je suis resté bloqué 2 jours et 2 nuits sur place pour une déclaration de douane Russe qui était périmée depuis le 27 juillet. Les douaniers Kazakhs voulaient que je retourne en Russie, 3 200 km aller-retour, pour faire refaire ce document. Le versement d’un peu plus de 80 € a fini par débloquer la situation. Quant à mon épaule, elle me fait mal et une broche s’est manifestement déplacée, une bosse s’étant formée sur le côté de mon bras. Après quelques jours de repos à Taschkent et le temps de la réflexion, il me parait évident qu’il n’est plus possible de continuer. De toutes les façons, il fallait que je rentre en octobre pour me faire retirer ces broches. Au fait, j’ai enfin pu récupérer mon carnet de douane qui m’attendait à l’ambassade de France depuis des mois. Encore merci a Christian pour avoir fait suivre ce courrier.
Pour ménager mon épaule, il me fallait trouver un itinéraire « facile » et pas trop long, près de 6 000 km par la route, selon Google Maps !. L’option que j’ai choisie est de passer par Samarcande, Boukhara et Khiva en Ouzbékistan, puis retour au Kazakhstan par Beyneu jusqu’au port d’Aktau. De là, traversée de la mer Caspienne en ferry jusqu’à Bakou en Azerbaïdjan. Traversée de l’Azerbaïdjan et de la Géorgie où je dois rallier le port de Poti, pour un autre ferry qui me fera traverser la mer Noire pour atteindre les cotes Bulgarse ou Roumaines. Belle surprise ce matin, en allant demander mon visa pour l’Azerbaïdjan, je ne m’attendais pas à l’avoir en une demie heure contre la somme de 90 dollars. Je peux donc prendre la route dès demain.

22 Septembre 2014

Sacha et moi et nous avons décidé de rentrer chacun de notre côté. Lui par camion et moi par avion. C’est en Turquie que tout a basculé. Sacha me reprochait d’être une chochotte parce que je me plaignais toujours de mon épaule. C’est vrai qu’elle me faisait de plus en plus souffrir, même quand je ne roulais pas. Alors pour me donner de vraies raisons de me plaindre et pour faire son intéressant, Sacha a cassé le support bas de son amortisseur panier et a bloqué son embrayage.

Même si la route a été plus difficile encore qu’à l’aller, notamment en repassant par le Kazakhstan après avoir traversé l’Ouzbékistan, je me suis régalé. Un peu déçu par Samarcande, mais très enchanté par Boukhara, ce petit bout de la route de la soie m’a plu. Pour moi maintenant, c’est retour sur la table d’opération pour retirer le matériel de l’épaule, avec encore 2 mois d’immobilisation et retour a une nouvelle vie professionnelle.

FIN

page précédente

1 commentaire

  1. Loupgris dit :

    Merci Bardé pour l’assemblage de ce voyage de Tamata ,un récit comme tu sais si bien faire !