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Sacha emmène Tamata pour un long voyage

Cest nanti de l’esprit insufflé par nos grands voyageurs, et Hubert Kriegel le premier d’entre eux, que Tamata prend la route avec Sacha, son Ural Ranger préparé par Daniel Winter d’Est-Motorcycles. C’est cette histoire qui va vous être contée.
Il s’agit du récit d’un voyage interrompu sous l’effet des forces qui dominent l’homme et le rappellent à la nécessaire acceptation des incertitudes qui accompagnent ses entreprises, mais c’est aussi le premier tome d’une aventure qui reprendra un jour et que nous suivrons avec toujours la même passion. Pour l’heure, plaçons nos pas dans ceux de notre ami.

 

Dans la foulée des stages de mécanique organisés au bouclard de Manzat, Tamata commence par suivre une solide période de formation car il ne touche alors quasi pas un écrou : il s’y est mis sérieusement et a très vite appris.

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Nous allons suivre sur le forum d’Est-Motorcycles les périgrinations de Tamata qui a également l’intention de partager avec le plus grand nombre, son expérience.

Le grand départ

9 Mars 2014

 Bonne route mon Vincent, homme de sensibilité et de cœur, d’espoir et de capacité à contempler !
Je te donne la main et, comme tous ceux des départs, tu peux compter sur moi et sur mon amour indéfectible du Découvrir  (Daniel Winter).

En Turquie

21 mars 2014

Je viens juste d’arriver à Istanbul ou je vais rester probablement une dizaine de jours.
Quelques chiffres :

  • 13 jours de route
  • 4 500 km parcourus, principalement sur des petites routes
  • 11 pays traversés (France, Suisse, Italie, Slovénie, Croatie, Bosnie, Monténégro, Albanie, Macédoine, Bulgarie, et quelques centaines de km en Turquie)
  • 0 hôtel, camping ou gîte , uniquement a la belle étoile
  • 0 douche, quelques toilettes sommaires (merci les lingettes)
  • 0 rayon cassé et pourtant les petites routes empruntées dans le sud de l’Europe sont parfois défoncées et chaque soir, pour choisir le bivouac, c’est souvent au bout d’un chemin impraticable à la plupart des véhicules
    J’ai juste appliqué le conseil de Dan : « Touche pas … » petit con (la fin c’est moi qui l’ajoute !)
  • 1 boulon perdu sur Sacha, celui du levier de commande de marche arrière (commandé au US)

Into the wild

J’ai décidé que les premières nuits se passeraient « Into the wild » (En pleine nature), comme le titre d’un très beau livre (et film, j’espère simplement que je n’aurai pas la même fin tragique.)
Cela faisait partie des difficultés que j’avais identifiées et dont beaucoup de personnes entretiennent l’idée, ce qui adviendra même au cours de ce voyage. Plusieurs douaniers, qui me questionnaient sur ce que je faisais, où j’allais, etc. etc. (leur métier quoi), quand ils apprenaient que je dormais a la belle étoile, me disaient que c’était dangereux. Sic ! Maman, je veux rentrer chez moi. Et c’est vrai que les premières nuits ont été agitées. Quel que soit le bivouac, forêt, bord de mer ou au fond d’un champ, chaque lieu recelait des dangers potentiels, différents et tout aussi imaginaires. Cela allait de la bête féroce qui allait me manger par les pieds au tueur en série qui attendait là depuis des jours sa nouvelle proie. Bilan : au bout de 13 jours, les seules « attaques » auront été celle d’une tique et quelques personnes qui m’ont « surpris » à installer mon bivouac. Je ne nie pas les risques, c’est pourquoi, dans la mesure du possible, je choisis avec attention mon bivouac. Cela commence au moins 2 heures avant le coucher du soleil, parce qu’il est rare de trouver un coin qui convienne dès les premières fois. Il doit être discret, pas trop facilement accessible aux autres véhicules, pas sur le passage d’animaux et j’ajouterai depuis une mauvaise expérience, si possible, à l’abri du vent. En effet, un soir, alors que tout était parfait en haut d’une montagne dominant 2 vallées (environ 700 m d’altitude),  pile au moment du coucher du soleil, une tempête de vent s’est levée avec des rafales a 80 ou 90 km/h. Je n’avais pas encore terminé l’installation du bivouac, trop capté à regarder le coucher du soleil. J’ai arrimé tout ce qui pouvait l’être, jeté tout le reste sous la tente, y compris moi et j’ai passé une partie de la nuit avec les 2 bras sortis de chaque côté de la tente pour tenir la sur-tente. J’étais tout habillé, avec un maximum de choses sur moi, y compris la lampe frontale et mes binocles, etc., ce serait autant de choses non perdues si le pire devait arriver. Et puis au bout de 3 heures, plus rien, Etait-ce un phénomène thermique d’altitude… ?

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