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Sacha emmène Tamata pour un long voyage -6

Géorgie

24 Avril 

Je viens d’arriver à Tbilissi et la route s’est bien passée. Je suis toujours en cours de réglage des carburateurs à coups de 1/8 de tours pour les vis des pompes de reprise. J’en suis à 1 tour ½ et il n’y a pas de changement sur l’agrément moteur. En revanche, la consommation baisse effectivement, je ne suis pas loin d’avoir gagné un litre. Donc je continue doucement. J’ai fait aujourd’hui même une révision complète. Vidange des 3 postes et divers petits travaux. La surprise vient du filtre à air colmaté a 50 % alors que je l’avais nettoyé il y a 3 000 km. Du coup, j’en ai mis un neuf, un des 3 jaunes que Dan m’a donnés avant de partir. Je garde le bleu que je nettoierai plus tard. Je suppose que la consommation devrait encore un peu chuter, je verrai cela sur les routes Russes que je vais traverser à toute vitesse pour aller au Kazakhstan, mon visa sera périmé le 1er mai.

Communication de Karma : « Tamata est passé à Tbilissi, trop vite…La raison : il lui faut rouler 800kms en Russie pour traverser la frontière du Kazakhstan avant l’expiration de son visa Russe, le 23 avril.. Nous avons déjeuné ensemble et fait connaissance.
Effectivement, il n’est qu’au début du voyage, malgré les 11 000kms déjà parcourus. Il est bien, serein et motivé, mais aussi conscient des difficultés qui l’attendent dans des pays dont les normes ne sont pas celles que nous connaissons. A ce titre. La Géorgie est le dernier pays comparable aux « standards » européens, avant de plonger dans l’Asie centrale.
J’ai pu admirer Sacha, qui est impressionnant avec son équipement et tellement bien préparé qu’il semble indestructible (comme neuf après autant de route !). Tamata s’est éloigné, content d’avoir pu parler français après des semaines de « solitude linguistique », d’avoir pu partager ses émotions et finalement de se rendre compte que le monde est petit puisqu’il est natif de la région de mon épouse, a vécu dans ma ville natale et a de la famille sur le lieu où nous pensons nous installer a la retraite. Autant de bonnes raisons, s’il en fallait, de se dire « au revoir’» et de promettre de se revoir lorsqu’il sera rentré, au bout de son voyage.
Bonne route Tamata, nous continuons à communiquer via MP, comme prévu.
Au moment du départ, il fait humide mais Tamata n’y prête guère d’importance.. »

 

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Où s’arrête le tourisme, ou commence l’aventure ?

Merci Karma pour l’accueil auquel j’ai eu droit. Tu remercieras aussi ton épouse pour son déjeuner et ses conseils. Vous aviez raison tous les deux, toi quand tu écris que les choses risquaient de changer après la Géorgie et ton épouse, quand elle me disait que Grozny était spécial.
Depuis mon départ de chez vous, j’ai l’impression d’avoir basculer dans autre chose et la Russie vient de m’offrir les plus fortes émotions de ce voyage.

30 Avril

Il y a eu d’abord la Tchétchénie, ou j’ai rencontré Rosa. Il était midi passé et la faim commençait à allumer tous les voyants à l’orange, voire au rouge, il était temps que je m’arrête faire une pause déjeuner. C’est à ce moment précis que j’ai senti l’odeur de viande grillée. Il y avait effectivement une dizaine de micro-restaurants qui préparaient leurs grillades en extérieur, sur le bord de la route.

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C‘est Sacha qui a choisi Rosa, en s’arrêtant devant sa boutique (à gauche de la photo) Je passe commande en choisissant une des brochettes déjà précuite. Le  »restaurant » ne comportait qu’une table et 4 chaises à l’intérieur, mais j’ai fait comprendre à Rosa que je préférais manger dehors, Sacha à portée du regard. Elle m’installe donc sur un coin de son plan de travail qu’elle débarrasse pour moi. C’est une belle brochette plus tard, servie avec des oignons crus, du persil frais, du pain et du thé, que je décide de reprendre la route.Je demande à payer et elle me répond que pour les étrangers, il n’y a rien à payer !! J’insiste quand même, mais rien à faire. Un homme arrive, sans doute le propriétaire, et me conduit de force dans la boutique voisine. Il commence à vouloir me donner un tas de choses à manger. Finalement, en insistant beaucoup, je n’accepte qu’une bouteille d’eau et nous sommes contents tous les deux. Merci à vous. 

Trente kilomètres plus loin, c’était au tour de Sacha de s’alimenter. On s’arrête dans la première station-service que l’on rencontre, on fait le plein. Là encore, alors que je réglais la somme que je devais, un homme arrive, sans doute le propriétaire de la station, me rembourse une grosse partie de l’argent que je venais de donner à son employé et me traîne de force dans le restaurant d’à côté, son restaurant. Il s’assoit, commande un repas. Je me dis que c’est pour lui et que nous allons faire la conversation, lui devant son repas, moi devant un thé. Non, ce fut l’inverse. J’ai été contraint de manger alors que j’avais déjeuné 30′ plus tôt. J’ai eu l’honnêteté de dire que les boulettes de viande étaient très bonnes, réellement très bonnes, et voilà qu’il recommande le même plat pour moi.

Cette personne, c’est Alkhan , en bas à droite sur la photo, avec le «bonnet » sur la tête. J’espère que je n’écorche pas son nom, il me l’a écrit en cyrillique, je ne suis pas sûr de la traduction J’ai passé une partie de l’après-midi avec eux, dans une atmosphère très particulière. Très rapidement, j’apprends qu’ils sont tous armés, sauf un, la personne en haut à droite sur la photo. Tethil me montre son arme de poing, coincée entre sa ceinture et son pantalon, sans étui. Ils me demandent si je suis de la police, si je suis armé. Je réponds non. Parlant de mes origines Siciliennes, ils me répondent qu’un lien très fort unit les mafias des deux pays et là, je comprends. Je dois dire qu’a aucun moment, je me suis senti en danger ou en insécurité. Ils étaient même très prévenants avec moi. Par exemple, quelqu’un a ramené Sacha de la station et l’a garé sagement devant le restaurant.
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J‘ai parlé à une quantité de gens par téléphone, comme Saïd qui vit à Rennes et est parent avec une des personnes du groupe. Je savais intuitivement qu’il y avait des règles à respecter et qu’a cette condition, tout se passerait bien. On a fini par fumer la chicha, y compris moi qui ne fume pas. C’est eux qui m’on donné le top départ, en rangeant mes affaires et Tethil d’ajouter,  » – jusqu’à Artezian, il n’y aura aucun problème ». Les Tchétchènes se revendiquent comme un peuple généreux et accueillant, je peux attester que c’est vrai.

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L‘autre belle émotion, ce sont les 100 km de piste faits entre Artezian et Astrakhan. C’est la  »route » principale pour relier ces deux villes, celle que donnent aussi les navigateurs sur le net. Sur toute la distance, je n’ai croisé qu’une vingtaine de véhicules, 3 ou 4 fermes, un renard a longue queue, des chevaux en liberté (sauvages ?) 2 serpents de plus de 1,5 m qui traversaient la piste. Je vais rencontrer des pistes bien plus longues autour de la mer d’Aral. J’ai une certaine appréhension, embarquer assez d’essence, d’eau. La nourriture ne me fait pas peur, je tiens 10 jours sans absolument rien manger. Je le sais pour avoir jeûné à plusieurs reprises. Je suis actuellement à Atyrau au Kazakhstan, pour préparer tout cela et acheter des jerricans. Cette ville ne vous dit rien ? Elle est traversée par le fleuve Ural qui se jette dans la mer Caspienne a 30 km de là. J’espère que c’est un hasard qui nous portera chance !!

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